Cas clients

Deux bâtiments publics, une journée, 22 anomalies : retour de mission pour la CAB

En juillet 2026, la Communauté d'Agglomération de Bastia nous a confié l'inspection des toitures de deux de ses bâtiments. Une journée sur site, 22 anomalies relevées, classées et localisées.

Pierre-François Morganti
15 septembre 20268 min de lecture
Deux bâtiments publics, une journée, 22 anomalies : retour de mission pour la CAB

Deux bâtiments publics, une seule journée sur site, aucune nacelle et aucun cordiste. C'est ce qu'il a fallu pour inspecter l'intégralité des toitures de deux équipements de la Communauté d'Agglomération de Bastia, en juillet 2026.

Vingt-deux anomalies en sont ressorties, classées par niveau de criticité et localisées au point près sur chaque bâtiment. Voici comment la mission s'est déroulée, et ce qu'elle a donné.

Contexte : deux bâtiments publics, un seul créneau

Le patrimoine d'une collectivité pose un problème simple à énoncer et compliqué à résoudre. Les bâtiments sont nombreux, souvent en service toute l'année, et les budgets d'entretien se décident sur des arbitrages. Pour arbitrer, il faut savoir. Et pour savoir, il faut monter.

C'est là que le calcul se complique. Une inspection classique mobilise soit une nacelle élévatrice avec son opérateur et son accès voirie, soit des cordistes certifiés avec leurs points d'ancrage. Sur un bâtiment recevant du public, il faut en plus composer avec l'activité, les horaires, la sécurité du site. Multipliez ça par le nombre de bâtiments d'une agglomération et vous comprenez pourquoi tant de toitures ne sont jamais inspectées.

La mission portait sur deux sites : un équipement sportif et un bâtiment technique. Deux typologies différentes, deux états différents, une seule journée d'intervention pour les deux.

Pourquoi inspecter une toiture par drone plutôt que depuis le sol

Depuis le sol, on ne voit pas une toiture. On voit une ligne d'acrotère et une gouttière. Tout ce qui se passe sur la surface plane, dans les chéneaux, autour des lanterneaux, au droit des traversées, est hors de vue.

Le drone change trois choses. Il place l'objectif à distance constante de chaque point, ce qui rend les images comparables entre elles et d'une année sur l'autre. Il couvre l'intégralité de la surface au lieu des zones accessibles. Et il n'envoie personne en hauteur, ce qui supprime le risque humain et l'essentiel des contraintes administratives.

Le détail qui compte pour une collectivité : l'activité du bâtiment continue. Pas d'emprise au sol, pas de périmètre de chantier, pas de fermeture.

Méthodologie : comment se déroule une inspection de toiture par drone

Le vol. Couverture complète en haute définition selon un plan de vol préparé en amont, avec captation verticale et oblique. Chaque zone est photographiée en vue d'ensemble puis en gros plan sur les points qui appellent une vérification. C'est la partie visible de la mission, et c'est la plus courte.

L'analyse. C'est là que se joue la valeur. Les images sont dépouillées une par une, chaque défaut est isolé, localisé, catégorisé et annoté. Un défaut sans localisation précise ne sert à rien : le jour des travaux, il faut pouvoir envoyer quelqu'un exactement au bon endroit.

La restitution. Deux livrables. Un rapport écrit, et un accès à Axio, notre plateforme, où le bâtiment est restitué en modèle 3D navigable avec chaque anomalie épinglée à sa position réelle sur l'ouvrage. Le rapport sert à décider, le modèle sert à montrer, à chiffrer et à retrouver.

Résultats : 22 anomalies sur deux sites

SiteAnomaliesCorrectivesÀ surveillerMineures
Équipement sportif13661
Bâtiment technique9144
Total227105

Les trois niveaux ne se valent pas, et c'est tout l'intérêt du classement.

Une anomalie corrective demande une intervention programmée. Elle ne menace pas le bâtiment demain matin, mais laissée en l'état elle se dégradera et coûtera plus cher.

Une anomalie à surveiller ne demande rien tout de suite. Elle demande d'être revue à la prochaine campagne, pour savoir si elle a bougé. C'est exactement ce qu'un relevé daté et géolocalisé permet de faire, et ce qu'une inspection au jugé ne permet pas.

Une anomalie mineure est notée pour mémoire.

Sept points correctifs sur deux bâtiments, c'est une charge de travail identifiée, chiffrable, et surtout priorisable. C'est la différence entre un budget d'entretien subi et un budget d'entretien piloté.

Ce que le drone voit et que le sol ne montre pas

Sans entrer dans le détail de chaque relevé, les anomalies se répartissent en quelques familles qui reviennent sur la plupart des toitures que nous inspectons.

Les désordres d'étanchéité et de revêtement. Membranes déplacées ou soulevées, points singuliers dégradés autour des lanterneaux et des traversées. C'est la famille qui coûte le plus cher si elle n'est pas traitée, parce qu'elle finit toujours par se voir à l'intérieur.

Les désordres structurels sur les ouvrages de rive. Un acrotère qui travaille, une évacuation qui se désolidarise. Invisibles depuis le sol, invisibles aussi depuis la toiture si on ne va pas regarder la bonne face au bon angle.

La corrosion. Coulures ferreuses sur bacs acier laqués, rouille naissante sur les supports d'équipement. Détectée tôt, elle se traite. Détectée tard, elle se remplace.

Les encombrements. Objets divers accumulés en toiture, dont certains à proximité immédiate des entrées d'évacuation des eaux pluviales. C'est le point le plus simple à corriger et l'un des plus rentables : une évacuation obstruée lors d'un épisode méditerranéen, c'est une toiture en charge.

L'encrassement des champs photovoltaïques. Sur les deux sites, les modules présentaient un encrassement marqué, avec une perte de rendement estimée entre 5 et 20 %. Une inspection visuelle qui débouche sur un besoin de nettoyage de panneaux solaires, c'est fréquent, et c'est de l'argent qui se récupère immédiatement.

Une observation mérite d'être signalée à part : une même signature visuelle a été relevée au pied des panneaux sur les deux sites. Ce type de recoupement n'apparaît que lorsqu'on inspecte un parc et non un bâtiment isolé. C'est un argument fort pour traiter un patrimoine par campagne plutôt qu'au coup par coup.

Le livrable : Axio, le bâtiment en 3D avec ses anomalies

Un rapport écrit, et un accès à Axio. C'est notre plateforme, développée en interne pour nos propres missions parce qu'aucun outil du commerce ne faisait ce que nous voulions. On ne la trouve donc nulle part ailleurs.

Le bâtiment y est restitué en modèle 3D navigable, construit à partir des prises de vue de la mission. Chaque anomalie porte un numéro, un niveau de criticité, une description, ses photos de détail, et sa position exacte sur l'ouvrage. On ne lit pas « désordre en partie haute de la rive nord », on clique sur le point et on voit où il est. Un technicien sait où aller sans repasser sur site, un élu voit de quoi on parle, un prestataire chiffre sans se déplacer.

Et là où un rapport donne un état à une date, Axio conserve les campagnes successives sur le même modèle. À la visite suivante, ce qui a bougé saute aux yeux. Axio est inclus dans nos missions d'inspection visuelle par drone.

Ce qu'une collectivité en fait

Trois usages, dans l'ordre où ils reviennent chez nos clients publics.

Prioriser. Sept points correctifs sur vingt-deux anomalies, ça veut dire que quinze peuvent attendre. Savoir ce qui peut attendre vaut aussi cher que savoir ce qui presse.

Chiffrer et justifier. Un relevé daté, localisé et illustré est une pièce opposable. Il sert à monter un dossier de subvention, à justifier une ligne budgétaire, à documenter un sinistre auprès d'une assurance.

Suivre. Une inspection isolée donne un état. Une inspection répétée donne une trajectoire, et c'est la trajectoire qui permet d'anticiper.

Questions fréquentes

Combien de temps prend une inspection de toiture par drone ?

Sur les deux bâtiments de cette mission, une seule journée sur site a suffi. L'analyse et la production du rapport prennent ensuite 48 à 72 heures.

Faut-il fermer le bâtiment pendant l'intervention ?

Non. Il n'y a ni emprise au sol, ni échafaudage, ni nacelle. L'activité du bâtiment se poursuit normalement pendant le vol.

Le rapport est-il utilisable pour un dossier de subvention ou d'assurance ?

Oui. Chaque anomalie est datée, localisée et illustrée, ce qui rend le document opposable et exploitable dans un dossier administratif ou un litige.

Garde-t-on l'accès au modèle 3D après la mission ?

Oui. L'accès à Axio n'est pas une consultation ponctuelle le temps de la restitution. Le modèle et ses anomalies restent disponibles, et les campagnes suivantes viennent s'y ajouter pour permettre la comparaison dans le temps.

Peut-on inspecter plusieurs bâtiments dans la même campagne ?

C'est même le mode le plus pertinent pour une collectivité. Le coût par bâtiment baisse, et surtout le recoupement entre les sites fait apparaître des constats qu'une inspection isolée ne révèle jamais.


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