L'ancienne usine d'amiante de Canari, perchée à flanc de falaise sur la côte ouest du Cap Corse, est l'un des sites industriels les plus emblématiques de l'histoire récente de l'île. Exploitée de 1948 à 1965 par la Société Minière de l'Amiante, elle a employé jusqu'à 1 400 salariés, en grande majorité Cap Corsins, et produit 12 millions de tonnes de minerai. Premier gisement d'amiante de France, c'est aussi aujourd'hui l'un des plus grands chantiers de dépollution industrielle menés en Corse : le démantèlement du site, piloté par l'ADEME, représente un budget global d'environ 32 millions d'euros et s'étend sur plusieurs phases jusqu'en 2026.
C'est en fin de phase de démantèlement de ce site que Corse Drone est intervenu, les 19 et 20 mai 2025, en partenariat avec Térélian (groupe Vinci), pour une mission de fixation amiante sur les zones résiduelles les plus exposées.
L'intervention en chiffres
- Surface traitée : plus de 1 500 m² sur 7 zones distinctes
- Durée : 2 jours d'intervention, 6 heures effectives de vol
- Tuyauterie : 200 mètres déployés depuis le poste sol
- Sécurité : équipe maintenue intégralement en zone verte tout au long de l'intervention
- Cibles : zones identifiées comme les plus volatiles, à risque de libération de fibres
Pourquoi le drone était l'outil adapté
Le site de Canari, en fin de démantèlement, présentait plusieurs caractéristiques qui rendaient l'intervention humaine traditionnelle particulièrement complexe :
- Une localisation à flanc de falaise, sur terrain instable
- Des zones résiduelles contenant des matériaux et résidus contaminés, exposés à l'air libre suite aux opérations de démolition menées par Térélian / Vinci
- Sept zones distinctes à traiter, étalées sur l'ensemble du site, ce qui démultiplie le temps d'exposition et de déplacement d'une équipe au sol
- Un risque permanent de dispersion des fibres résiduelles sous l'effet du vent, de la pluie, ou de toute manipulation
- Une étendue importante qui rendrait un traitement manuel à la fois long et risqué
Le drone résout d'un coup ces contraintes. Pas de marche sur les zones contaminées, pas d'exposition humaine directe, couverture rapide et homogène de surfaces étendues, et capacité à enchaîner les 7 zones sans déplacer toute l'équipe sol à chaque fois.
Comment on a procédé
Notre dispositif : un DJI Matrice 400 équipé de notre kit de pulvérisation, alimenté par une pompe au sol via 200 mètres de tuyaux. Cette longueur a un sens précis : elle nous a permis de positionner l'ensemble de l'équipe au sol en zone verte pendant toute la durée de l'intervention, à distance suffisante des zones contaminées pour éviter toute exposition aux fibres.
Le pilote et l'équipe sol n'ont jamais eu à s'approcher des zones traitées. Le drone, lui, a survolé chacune des 7 zones identifiées avec Térélian, pulvérisé le fixateur en couverture homogène, puis est revenu en zone verte pour rechargement et passage suivant. En 6 heures effectives de vol réparties sur 2 jours, nous avons traité plus de 1 500 m².
Le partenariat avec Térélian / Vinci
Cette intervention s'est déroulée en partenariat direct avec Térélian, filiale du groupe Vinci, sous la coordination de Karl Bellanger, chef de projet Térélian sur le chantier de Canari. C'est lui qui a sollicité notre intervention sur la base d'une analyse précise des contraintes du site, et qui a validé l'approche drone comme la solution la plus adaptée aux zones les plus volatiles.
Pour Corse Drone, c'est une étape importante : il s'agit de notre première intervention dans le cadre d'un chantier ADEME d'envergure nationale, en lien avec un acteur majeur du BTP. Cette mission démontre que la pratique du drone est désormais intégrée à la palette d'outils des grands chantiers de dépollution, et que les opérateurs locaux peuvent y prendre toute leur place quand ils sont à la hauteur des exigences techniques.
Ce que cette intervention ouvre
Au-delà de Canari, cette mission valide notre capacité à intervenir sur des chantiers à fort enjeu sanitaire et industriel. Elle nous positionne sur trois typologies de chantiers que nous identifions comme structurantes pour les prochaines années :
- Les sites industriels en fin de vie : anciens bâtiments amiantés, sites pollués, hangars en cours de démolition
- Les toitures en fibrociment amianté : fixation préalable avant dépose, dans le cadre de programmes de rénovation
- Les interventions post-sinistre : sécurisation de zones contaminées après tempête, incendie, ou effondrement partiel
Le drone n'est pas une solution universelle, mais sur ces typologies de chantier, c'est aujourd'hui l'outil le plus efficace, le plus sûr pour les équipes, et souvent le plus pertinent économiquement.
Vous avez un chantier similaire ?
Si vous travaillez sur un site contaminé, un démantèlement amiante, ou une intervention en zone à risque, contactez-nous avec quelques éléments de contexte (localisation, surface estimée, type de contamination, calendrier prévu), et nous reviendrons vers vous avec une analyse de faisabilité.
